• Environnement et développement durable

    Environnement et développement durable



    Transformation des sachets plastiques ou la richesse des peuples


    Depuis 1997, « Qui dit mieux », une Ong transforme les sachets plastiques en fin de vie. « Pour la première fois au Bénin », elle forme quinze femmes rurales, grâce à un financement de la mairie de  Bessancourt en partenariat avec la commune de  Zê. L'initiative vise la protection de l'environnement mais aussi la lutte contre la pauvreté pour un développement durable.

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    Vue partielle des femmes en formation : Nettoyage des sachets en fin de vie



    Nous sommes ici dans l'enceinte du Centre d'éveil et de stimulation de l'enfance de la commune de Zê. Sous un kolatier qui offre généreusement son ombrage, quinze femmes assises sur des bancs combinés aux tables d'écoliers, suivent les enseignements théoriques et pratiques sur la transformation des sachets plastiques en fin de vie. « Il s'agit d'une formation accélérée  » explique la formatrice, Mme Grâce Aboh Dotou, présidente de l'Ong « Qui dit Mieux », lauréate du Prix 2002 de l'ONU pour la lutte contre la pauvreté. En face d'elle, les jeunes femmes dont la moyenne d'âge  varie entre 16 et 20 ans s'appliquent de façon assidue.  Le crochet dans une main, des lamelles provenant de coupures de sachets plastiques dans l'autre, elles s'exercent au tissage de divers objets. Sur une petite table disposée à deux pas de la formatrice, sont exposés des couvre-vers, des porte-feuilles, des porte-clefs, fruits du labeur des jeunes apprenants après une semaine de formation assidue.

    S'adressant aux personnalités municipales venues s'enquérir de l'évolution de la formation, Mme Dotou affirme au sujet des apprenants : « Je suis fière d'elles. Elles ont la volonté d'apprendre. Elles ont soif d'acquérir le savoir et sont impatientes de le partager avec d'autres femmes qui n'ont pas eu l'opportunité de prendre part à cette formation de formateurs».
    Après la formation accélérée de trois semaines, «les bénéficiaires devront former d'autres femmes  dans  chacune des neuf arrondissements de la commune de Zê» précise Clément Kotan, Directeur général de l'Unité de protection de l'environnement (Upe), une organisation de la société civile de lutte contre la pollution de l'environnement qui a joué le rôle de facilitation pour l'aboutissement du projet de formation des quinze femmes, financé par la mairie de Bessancourt en France.

    L'oiseau rare

    Le projet de formation à la transformation  des sachets plastiques en fin de vie, au profit d'une quinzaine de femmes ressortissant de la commune de Zê, s'inscrit dans le cadre de la lutte contre la pollution de l'environnement et celle de la lutte contre la pauvreté, autrement dit, des actions pour un développement durable qui est le fil rouge de toute la politique locale de la mairie de Bessancourt  (1). L'initiative est née d'un partenariat entre deux communes. La ville  de Bessancourt en France, dans le Val d'Oise, qui se situe à 30 km de Paris et celle de la commune de Zê au Bénin, qui se situe à 56 km, soit environ à une heure de route en voiture  de Cotonou. Si Bessancourt a reçu le 06 avril 2004 le trophée du Grand Prix de l'Environnement, une distinction qui couronne ses efforts de créer un développement cohérent et de construire un projet de ville durable, Zê est entrée dans l'histoire de ce partenariat en répondant à un appel de l'Unité de Protection de l'Environnement qui recherchait une commune à mettre en partenariat avec Bessancourt. Les choses sont allées vite. En octobre 2005, le maire de Bessancourt  M. Jean-Christophe Poulet, à l'invitation des autorités locales, se rend à Zê pour travailler avec les élus. A cette occasion, il déclare à l'endroit des citoyens de Zê ne pas vouloir s'inscrire dans un partenariat folklorique dans lequel les villes du sud sont les dépotoirs de celles du nord. Lors de la même visite, il engage Bessancourt à soutenir pour  6.000 euros la formation d'une quinzaine de femmes de Zê au recyclage de sachets plastiques. Dix mois plus tard, soit en août 2006, le projet est entré dans sa phase active.

    La transformation


    La technique du  recyclage des sachets en plastique suit un processus qui se déroule en plusieurs étapes. La première est celle de la collecte des sachets plastiques en fin de vie. La collecte peut se faire dans les marchés, dans les poubelles à domicile, sur les places publiques, sur les tas d'ordure, sur des  dépotoirs  ou tout endroit propice à la collecte. Dans tous les cas, la tâche n'est pas aisée. Madame Dotou se souvient encore des propos critiques de certaines personnes à Porto-Novo quand elle avait démarré cette activité en 1997. «Elles me traitaient de folle, estimant qu'une institutrice de mon rang ne devrait pas collecter des sachets en fin de vie. Certaines de celles que j'ai essayées d'initier ont trouvé fastidieuse la collecte des sachets en plastique et ont vite fait de raccrocher. Or, dans les sachets en plastique recyclés, il y a de l'argent à gagner... La preuve est que mon équipe n'arrive même pas à satisfaire les demandes qui lui parviennent d'un peu partout dans le monde».

    Après la première phase vient celle du nettoyage. Comme au moment de la collecte, des mesures de protection sanitaire sont prises. Les apprenants portent des gants et des cache-nez. Elles disposent aligner, l'une à la suite de l'autre six bassines remplies d'eau aux deux tiers du volume total. La première sert au rinçage des sachets, visant à les débarrasser de tous les débris. Trois autres qui contiennent de l'eau savonneuse sont destinées à laver successivement les sachets. La quatrième renfermant de « l'eau javellisée » c'est-à-dire un mélange d'eau et de javel (un désinfectant) sert à rincer à nouveau.  Puis, pour une dernière fois, on procède à un rinçage à l'eau simple avant de passer au séchage. « Lorsque le temps n'est pas ensoleillé, une technique d'aspiration d'eau par  des chiffons propres est utilisée pour rendre secs les sachets » explique la formatrice. Les sachets propres ainsi obtenus, selon leur résistance,  sont découpés, en lamelles de 2,5 à 4 cm. Ce sont ces lamelles qui  servent à la  fabrication des napperons, des porte-clefs, des objets d'art, des sacs ....etc.

    Richesse des peuples

     «La Pauvreté Richesse des Peuples» est le titre d'un ouvrage publié en 1977 par l'ancien Directeur général adjoint du Bureau International du Travail (BIT), le Professeur Albert Tévoédjrè. Trente années plus tard, l'esprit et le contenu du livre restent d'actualité avec la transformation des sachets plastique en fin de vie, car cette transformation que certaines personnes se refusent d'exercer se révèle aujourd'hui comme une source de richesse pour  sauver des milliers de vie humaine. En effet, faire de la transformation des sachets en plastique une activité de développement durable rejoint les préoccupations des acteurs du domaine. D'ailleurs, une cinquantaine d'environnementalistes, de spécialistes de la question de la pauvreté et d'acteurs à divers niveaux de la vie sociale, ont réfléchi en février 2006 à Cotonou sur la stratégie pour intégrer les préoccupations environnementales au document de stratégie pour la réduction de la pauvreté au Bénin. Marcel Baglo, Directeur général de l'Agence Béninoise de l'environnement (ABE) estime qu'«on ne peut offrir le développement aux populations sans en analyser les conséquences sur l'environnement et sur la vie des mêmes populations».  Selon lui, les corrélations de l'environnement et de la pauvreté sont si sérieuses, dans un pays sous-développé tel que le Bénin, qu'il importe d'agir rapidement pour assurer aux populations un avenir optimal. Autrement, pour M. Baglo, les dirigeants auraient échoué dans la mission qui est la leur. C'est pourquoi, estime-t-il, l'introduction des paramètres environnementaux dans les questions de développement parait essentiel pour la lutte contre la pauvreté. (2)

    Un mois avant les réflexions de Cotonou, dans la dynamique de  l‘intégration des questions environnementales à la lutte contre la pauvreté et  afin que le projet de formation des femmes de Zê soit un projet de développement durable, il a été décidé de constituer une association à Bessancourt. Celle-ci dont les statuts ont été adoptés le 23 mai 2006 vise à accompagner le projet de partenariat entre les deux villes en faisant la promotion des produits fabriqués par les femmes de Zê.

    Ainsi, comme cela a été prévu dans l'accord de partenariat entre les deux communes, une boutique verra le jour à Bessancourt où seront exposés et vendus les articles fabriqués à partir de la transformation des sachets en fin de vie. C'est également à partir de ce point focal que se fera la promotion des articles vers  d'autres localités voisines de Bessancourt.

    Filière Dotou

    Pour la vente des articles résultant de la transformation des sachets plastiques à Zê, l'Unité de Protection de l'Environnement et la Mairie de Bessancourt ont envisagé un marché d'écoulement : Bessancourt et les autres villes de France. Mais il y a mieux.  En effet depuis que madame Dotou a « découvert le trésor dans la poubelle », elle n'a plus de repos. Puis, après avoir reçu deux prix de distinction, l'un des Nations Unies et l'autre en France, les commandes ne cessent de se multiplier.  « Je reçois des commandes de partout dans le monde, mais surtout des Etats Unis. Mais dans ces pays, les commandes se font par millier. Je n'arrive pas parfois à donner satisfaction dans le délai, parce qu'il n'y a pas la main d'œuvre nécessaire pour faire le travail ». Cet aveu de la formatrice sur ce qu'il convient d'appeler « la filière Dotou » est une opportunité pour les femmes de Zê en formation. « Ce qui nous réjouit affirme l'une des apprenantes, ce sont les ouvertures de marchés pour écouler nos articles.  La formatrice nous a rassurées que si elle recevait des commandes auxquelles son organisation ne pouvait satisfaire, alors elle nous solliciterait, mieux, elle dit qu'elle n'hésitera pas non plus à nous positionner sur d'autres marchés  ».
    Quand on analyse les immenses potentialités d'écoulement des articles résultant de la transformation des sachets plastiques en fin de vie, on peut affirmer que le volet développement durable du partenariat entre Bessancourt et Zê est en marche.  
    A l'instar de madame Dotou et les membres de l'Ong « Qui dit Mieux » qui ont découvert le « trésor dans la poubelle », les femmes de Zê sont en train de découvrir le trésor dans la transformation des sachets plastiques en fin de vie, pour un développement durable de la population de Zê.

    Hippolyte A. DJIWAN


    Sources

    (1) : Thierry Aristhène    « Bessancourt et Zé pour un développement durable » www.ville-bessancourt.fr
    (2) : La Pauvreté Richesse des Peuples, Préface de Jean Tinbergen (Prix Nobel) et de Dom Helder Camara; Les Éditions Ouvrières, Paris 1977.
    (3) : Askanda Bachabi ; « Environnement et stratégie de réduction de la pauvreté au Bénin : Spécialistes et acteurs en conclave à Fidjrossè » www.quotidienlematinal.com, édition du 170206


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